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L’Opéra de Lyon, une expérience spectateur

J’ai eu l’occasion de visiter l’Opéra de Lyon, grâce au Club de la Com de Lyon. La visite s’est déroulée en deux temps. D’abord la découverte architecturale du bâtiment, qui m’a permis de comprendre l’importance que Jean Nouvel attache aux sens et aux émotions des visiteurs. Puis nous avons eu la chance de pouvoir échanger avec Anne Fory, Déléguée Générale de la communication de l’Opéra. Retour sur expérience…

Un labyrinthe sensitif

Le hall d’accueil

Jean Nouvel été chargé en 1986 de remettre au norme l’Opéra de Lyon. Les travaux dureront de 1989 à 1993, année de ré-ouverture au public de l’édifice. Il gardera quelques éléments de l’ancien bâtiment : les façades, les 8 muses, et les murs et le plafond du grand foyer. Il revisitera tout le reste, en commençant par le hall d’accueil. Ce dernier amène le spectateur dans un environnement à la fois lumineux par les grandes vitres qui donnent sur l’extérieur, mais aussi sombre par l’omniprésence du noir. Le fait de garder une connexion visuelle avec l’extérieur par les vitres, sans pouvoir entendre ce qui se passe, renforce cette impression de contraste. On pourrait alors comparer cet espace à un sas qui permet de quitter notre quotidien et rentrer dans un nouveau monde. Bienvenue à l’Opéra de Lyon… Opéra Lyon (image)

Les vestiaires

Le spectateur continue son expérience en montant aux vestiaires. Le plafond de cette partie est bas, et tous les éléments (sol, murs, mobilier) sont noir. Cela permet de plonger le visiteur dans une expérience sensorielle atypique. En se dirigeant vers les escalators pour monter dans la grande salle, on découvre une partie de la salle qui est suspendue au dessus de nous. Sa forme fait alors penser à une coque de bateau noire, ce qui permet de faire un lien avec l’histoire de Lyon et de ses deux fleuves qui entourent le bâtiment. C’est aussi un élément qui participe à faire évader le spectateur, un appel au voyage.

Opéra expérience sensorielle (image)

La grande salle

La suite de l’aventure nous amène à l’entrée de la grande salle. On arrive sur une structure métallique, type échafaudage. Ce choix permet à Jean Nouvel de créer un sentiment d’inconfort. Le sol en métal perforé n’est pas rassurant. Ce qui pousse le visiteur à se diriger vers la salle. On arrive alors dans un nouveau sas rouge, rassurant et cosy. Le contraste entre ces deux espaces voisins est saisissant. C’est un réel parcours sensitif proposé aux spectateurs avant même de découvrir le spectacle. La grande salle est basée sur les salles à l’italienne. Jean Nouvel repensera la structure en supprimant notamment les loges, et en choisissant des sièges inconfortables. Bien que contesté à l’époque, l’architecte laissera ces assises.

Jean Nouvel architecture (image)

Le grand foyer du public

Cette salle classée, dénote avec le bâtiment de Jean Nouvel. Les murs et le plafond sont des éléments que l’architecte ne pouvait pas modifier. Néanmoins, il a su ré-introduire dur noir au travers du sol et du mobilier de bar. Le sol brillant permet de donner de l’importance aux lustres et plafond qui se réfléchissent dedans. L’acoustique de la salle ne sera pas non plus modifié, et restera donc très bruyante. Tout est pensé pour perdre le visiteur dans un univers basé sur les sens. Jean Nouvel continue avec son envie de déstabiliser le spectateur. Peut être souhaitait il le sortir de sa zone de confort, afin qu’il soit marqué par son expérience à L’Opéra.

Une communication tournée vers l’accessibilité

La problématique actuelle est que l’Opéra est considérée comme un art dépassé, et/ou réservé à une élite. La mission du service communication est donc de convaincre que c’est un espace culturel ouvert et accessible à tous. Les valeurs que l’Opéra de Lyon souhaite véhiculer pour améliorer son image sont l’excellence et l’ouverture à tous. Pour cela, il a été choisi de travailler sur deux axes, la modernité et l’innovation. Des actions ont été mené pour répondre à ces enjeux, comme par exemple la retranscription sur grand écran de certains spectacles, le renouvellement de la programmation, ou encore, travailler sur le lien entre des sujets actuels et les pièces proposées. Dans ce cadre là, il a été choisi de collaborer avec des photographes tel que Véronique de Viguerie, Andrew Biraj, qui traitent de sujets contemporains. Le catalogue est animé par ces photographies qui font le lien entre actualité et les sujets proposés par les représentations. Par exemple, on associe pour l’opéra “L’Enfant et les Sortilèges” (“fantaisie lyrique composée par Ravel d’après le livret de Colette”), une photo de Véronique de Viguerie réalisée en 2015 : “En Birmanie les Rohingyas, groupe ethnique de religion musulmane, sont victimes de ségrégation et de répression.”. Au travers de ces actions de communication réfléchies, l’Opéra de Lyon souhaite conquérir un nouveau publique en montrant que la programmation proposée est avant tout un spectacle vivant contemporain. Merci au Club de La Com de Lyon pour cette visite riche de sens. Merci à Anne Fory d’avoir partager sa vision sur la communication culturelle.

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